Histoire du Maghreb depuis les indépendances

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Histoire du Maghreb depuis les indépendances

Message  rednass le Dim 13 Mai - 7:58

Depuis les indépendances, les pays du Maghreb peinent à instaurer un régime politique représentatif et démocratique. Les difficultés du développement économique aggravent les problèmes sociaux. Les partis et groupes islamistes en profitent pour contester les pouvoirs en place. La répression contre ces groupes est vigoureuse mais a du mal à empêcher les attentats terroristes.


Une fois l'indépendance acquise, les pays du Maghreb sont confrontés à des problèmes difficiles. Partout le système du parti unique s'installe. En Tunisie depuis 1957, le Parti Socialiste Destourien (renommé Rassemblement Constitutionnel Démocratique en 1987) conserve le pouvoir. La république tunisienne proclamée en 1957, n'a eu que deux présidents : Habib Bourguiba de 1957 à 1987 et Zine el-Abidine Ben Ali depuis 1987 (il peut espérer le rester jusqu'en 2014). Si depuis 1994, l'opposition a droit à 20% des députés, le président recueille de 95 à 99% des voix aux élections présidentielles. La vie démocratique est sous surveillance policière étroite et les graves atteintes aux droits de l'homme sont régulièrement dénoncées par les organisations internationales de défense des droits de l'homme. En Algérie de 1962 à 1988, le Front de Libération Nationale a été le parti unique qui contrôlait la vie politique, économique et sociale du pays. Ahmed ben Bella président de 1962 à 1965, est renversé (et emprisonné au secret) par son « dauphin » le colonel Houari Boumedienne qui gouverne jusqu'à sa mort en 1978. Les émeutes de 1988, dues aux grandes difficultés financières du gouvernement, contraignent le président Chadli Benjedid et le FLN à accepter le multipartisme. Mais, en 1991 et 1992, le foudroyant succès électoral du parti islamiste le Front Islamique de Salut provoque un coup d'état militaire destiné à le stopper. Les partisans les plus radicaux du FIS (dissous en 1992) se livrent alors au terrorisme (assassinats individuels et collectifs). Les présidents Lamine Zéroual et Abd el-Aziz Bouteflika (depuis 1995) tentent de démocratiser la vie politique (amnistie pour les islamistes repentis, libération de Ben Bella, retour d'exil du leader du Front des Forces Socialistes Hocine Aït Ahmed), mais les conditions de la vie politique démocratique restent très incertaines. Au Maroc, au pouvoir de 1961 à 1999, le roi Hassan II, reconnu comme chef religieux, dirige un régime autoritaire. Les opposants sont éliminés (en 1965 assassinat de Medhi Ben Barka, leader de la gauche marocaine) ou bien doivent tenter, sans succès, des coups de force (en 1971 et 1972). Il faut attendre 1998, pour que l'opposition arrive au pouvoir. Depuis 1999, le roi Mohammed VI accepte les conditions politiques d'une monarchie constitutionnelle.

Le tracé des frontières héritées des colonisations espagnole et française provoque des conflits entre le Maroc et l'Algérie. Après de multiples incidents militaires la frontière floue du Sahara est fixée d'un commun accord en 1972. Par contre l'annexion marocaine, non reconnue par la communauté internationale, du Sahara occidental (colonie abandonnée par l'Espagne en 1975, après la « Marche verte » des Marocains) mécontente fortement l'Algérie. Celle-ci soutient les indépendantistes sarahouis du Front Polisario qui pratiquent la guérilla anti-marocaine jusqu'en 1991. Depuis, séparé par un mur de sable de 2000 kilomètres de long, le tiers oriental du Sahara occidental est sous le contrôle du Front Polisario. Par ailleurs le Maroc revendique toujours l'abandon par l'Espagne de Ceuta et Melilla (villes espagnoles situées sur la côte méditerranéenne du Maroc).

Après l'indépendance les pays du Maghreb sont confrontés à de graves problèmes économiques et sociaux. La colonisation française n'avait développé qu'une agriculture commerciale concentrée dans des grands domaines et l'extraction des ressources du sous-sols destinées à être exportées vers la métropole. Une partie des colons européens quittent alors le Maghreb (près d'un million de pieds-noirs quittent en catastrophe l'Algérie en 1962). Les capitaux et les cadres manquent. L'Algérie décide de copier le système économique des démocraties populaires de l'Est-européen. Elle nationalise les grands domaines coloniaux qui sont désormais gérés en autogestion, les mines et les hydrocarbures sont nationalisés, les capitaux disponibles sont investis massivement dans l'industrie lourde (sidérurgie, chimie, raffinage pétrolier). Par contre l'industrie de biens de consommation et l'agriculture familiale sont négligées. Ce type de développement n'arrive pas à faire face aux besoins en subsistances de base et en emplois d'une population qui augmente à très grande vitesse. Le chômage et les écarts sociaux qui s'accroissent favorisent l'action caritative doublée d'un endoctrinement politico-religieux pratiqué par les intégristes musulmans du Front Islamique du Salut (FIS). Le coup d'état militaire de 1992 met fin à la marche vers le pouvoir du FIS mais provoque dix années de terrorisme et de contre-terrorisme très sanglants. L'Algérie est de plus secouée par les revendications identitaires en Kabylie et dans les Aurès où les Berbères réclament le droit d'étudier leur langue et plus de considération de la part du gouvernement. En Tunisie, le président Bourguiba, modernise la pays. Il laïcise l'enseignement, il instaure le Code du Statut personnel, qui est très favorable aux femmes et il reconnait les libertés fondamentales. En économie il nationalise les terres des colons et commence une réforme agraire. Le développement est planifié. Mais les remous créés par les nationalisations de terre obligent à arrêter la réforme en 1971 et à privatiser les entreprises d'état. L'apparition de l'islamisme intégriste est combattue vigoureusement par le président Ben Ali. Le Maroc est toujours resté en économie de marché basé sur la propriété privée et la concurrence entre les entreprises. Mais le manque de capitaux freine la modernisation. Grâce à des facilités les entreprises étrangères sont encouragées à investir au Maroc. Le développement de l'islamisme intégriste est freiné par le fait que l'autorité religieuse du roi est reconnue par les Marocains. Le roi est en effet est considéré par les Marocains comme le « Commandeurs des Croyants ».

rednass

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